Vincent CASSEL « Mesrine… L’instinct de mort »

Publié le par Audrey CRESPO-MARA

« L’instinct de mort », premier volet d’un film évènement, trente ans après la disparition de Jacques Mesrine. Deux volets exceptionnels de deux heures sur le gangster des années Giscard, incarné par Vincent Cassel. Sa prestation est remarquable, la réalisation de Jean-François Richet et le scénario d’Abdel Raouf Dafri ne le sont pas moins (A la production : Thomas Langmann)
« L’instinct de mort » commence par la dernière scène de la vie de Mesrine, la plus connue. Mesrine, abattu par les flics, porte de Clignancourt à Paris... Sa mort a contribué à construire sa légende… Cassel a passé des mois à se documenter sur lui. Il a rencontré certains de ses proches. « L’ambivalence » du personnage, sa complexité, l’intéressaient avant tout…
Le projet ne date pas d’hier. En 2001, Thomas Langmann téléphone à Vincent Cassel ; il veut faire un film sur Mesrine. L’acteur dit « oui pourquoi pas » avant de se retirer d’un projet trop bienveillant à l’égard d’un gangster mégalomane et dangereux. Mesrine, n’est-ce pas après tout « 30 ans de cavale dans le cinéma » comme l’écrivent dans leur très belle enquête Jean-Pierre Lavoignat et Christophe d’Yvoire. Tant de tentatives avortées de Godard, Audiard, Belmondo... depuis 1977.

Le film de Jean-François Richet est « tout à la fois excitant, inquiétant, menaçant ».
Le réalisateur a fait un gros travail d’enquête. Son œuvre n’est pas un documentaire, mais il a tout de même tourné le plus possible sur les lieux où les faits se sont réellement déroulés…
Trois sublimes comédiennes incarnent les trois femmes de la vie de Mesrine. Celle qu’il épouse, la mère de ses enfants, est jouée par l’espagnole Elena Anaya, la révélation du film. Cécile de France incarne Jeanne Schneider, son alter ego qui l’accompagnera dans sa cavale au Canada. Sa dernière compagne, la non moins talentueuse Ludivine Sagnier. Mesrine séduit les femmes autant qu’il les maltraite. Il va jusqu’à tabasser la mère de ses enfants et lui mettre un flingue dans la bouche… Cette bestialité, Richet n’a pas cherché à la cacher. Gérard Depardieu, Mathieu Amalric, Gérard Lanvin, Gilles Lellouche, Samuel Le Bihan… la crème du cinéma français.
Le tournage fut très long... 9 mois d’affilée, jusqu’en janvier dernier… En France, au Canada, aux Etats-Unis, en Espagne, en Grande-Bretagne, et en Algérie. Vincent Cassel a eu « peur à un moment donné de s’essouffler ». A l’arrivée, il est exceptionnel. « Il  écrase ici définitivement la concurrence par son amplitude de jeu, son charisme hollywoodien et son énergie féroce, c’est un type qui aboie pendant quatre heures, rue dans les brancards, cogne comme un perdu, tire à bout portant, change de gueule comme de chemise, s’évade avec une prestance d’athlète chinois quand on croyait avoir affaire à un boucher rougeaud des Halles » (Libération).
Cassel a voulu s’approprier Mesrine physiquement, prenant 22 kg… En revanche, il n’apprenait son texte qu’une fois sur le plateau. « Une habitude », nous confiera-t-il hors antenne. « Ne pas trop apprendre, pour ne pas être trop figé, et être réceptif au moment des prises ». Dans les coulisses de la Matinale, nous avons découvert un acteur incroyablement généreux dans l’exercice de sa promo, profond, intelligent, charmant.
Le 2ème film « Ennemi public numéro 1 » sortira le 19 novembre...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

SEDAT 24/10/2008 11:00

Bjr Audrey...!

Jacques Mesrine a été surnommé "l'homme aux cent visages",je pense qu'il a été traumatisé par la guerre d'Algérie qu'il a amené à se comporter cruellement,et que c'est durand celle-ci que Mesrine prend un pistolet sur l'une de ses victimes et le rapporte en France,il l'aura constamment sur lui.

Jacques Mesrine nous disait:"Seigneur,protège-moi de mes amis,mes ennemis,je m'en charge".

C'était un assassin mais aussi une victime.

Reynaldo.