Barbara HENDRICKS, Josiane BALASKO et Charles BERLING

Publié le par Audrey CRESPO-MARA

Trois invités de grand talent, simples et aimables. C’est tellement bon le matin…


Barbara HENDRICKS – album « Barbara sings the blues »

Cette grande dame nous a fait l’honneur de se lever, pour venir dans la Matinale… Double actualité, elle sera en concert à l’Olympia le 14 octobre et elle vient de sortir un nouvel album « Barbara sings the blues ». « Un voyage aux racines du jazz » nous dit Barbara Hendricks. La cantatrice reprend les plus grands standards, réinterprétant ceux de la légende américaine du jazz, Billie Holiday, morte il y a bientôt 50 ans… Des tubes également de Bessie Smith, « l’Impératrice du Blues », une des artistes les plus réputées des années 20… Et l’incontournable Mood Indigo de Duke Ellington. Le grand pianiste-compositeur-chef d’orchestre est mort en 1974, l’année où Barbara Hendricks fit ses débuts. Les arrangements de l’album sont signés du Magnus Lindgren Quartet, jeunes musiciens de jazz suédois avec lesquels B.Hendricks fait ses tournées depuis 6 ans dans le monde entier. « A l’origine du blues, il y a l’esclavage et ces cris dans les champs de coton dans le sud des Etats-Unis », nous rappelle la soprano suédoise, née américaine. Cette histoire la porte quand elle chante. L’album se termine d’ailleurs par Strange Fruit, une chanson très dure qui raconte le lynchage des Noirs. Chanson emblématique, Billie Holiday finissait toujours ses tours de chant par ce titre. La talentueuses Barbara Hendricks s’amuse à passer de la « musique baroque, la musique de chambre, au jazz et au blues, en passant par le gospel… ». Elle qui s’est produite sur les plus prestigieuses scènes du monde depuis trente ans sera à l’Olympia dans dix jours… cinquante ans après Billie Holiday.

Barbara Hendricks a étonné toute l’équipe de la Matinale, par sa simplicité. Une cantatrice qui en clair ne joue pas les divas pour faire sa promo… Elégante, aimable, souriante, elle nous a même adressé un adorable mail après l’émission…


Josiane BALASKO – Film « Cliente »

De et avec Josiane Balasko, Nathalie Baye, Eric Caravaca, Isabelle Carré

Elle adapte son best-seller (100.000 exemplaires) au cinéma. 7ème long-métrage en tant que réalisatrice. Une femme séduisante de 50 ans Judith (Nathalie Baye), seule et voulant le rester, préfère s’offrir régulièrement les services de jeunes escort boys, plutôt que  souffrir en amour… Sa confidente : sa sœur Irène (Josiane Balasko) est la seule à connaître son secret.

Avant le livre, Josiane Balasko avait écrit un scénario qu’elle avait eu un mal fou à vendre… Classé « tabou » ! Imaginons l’inverse : un homme de 50 ans voulant s’offrir les services de jeunes escort girls, ce serait banal, ça manquerait d’intérêt. Là, en inversant… ça devient gênant, amoral… Ce sont les hommes qui consomment, apparemment ! Josiane Balasko aime aborder des questions qu’on traite rarement d’un point de vue féminin (ici ou encore dans « Gazon maudit »).
La réalisatrice n’a pas eu besoin de faire passez de casting. Nathalie Baye a lu le livre, elle l’a appelée : « Si tu fais le film, je suis ta cliente ». De quoi assurer une affiche de taille. A leurs côtés, la non moins talentueuse Isabelle Carré et Eric Cavacava, loin du cliché du play boy…
Josiane Balasko voulait parler des femmes de 50 ans et de leur solitude… Plus facile pour un homme de refaire sa vie à cet âge-là… Le mari de Judith (Richard Berry) l’a d’ailleurs quittée pour une femme plus jeune. Jusqu’au jour où elle rencontre Patrick (Eric Cavacava), un type gentil qui fait des chantiers, et des passes en secret pour aider sa femme (Isabelle Carré), à payer les traites de son salon de coiffure. A l’heure où beaucoup de Français ont du mal à joindre les deux bouts, ce que vit cet homme-là résonnera sans doute davantage aux oreilles du public. Josiane Balasko, dans le film, joue la sœur de Nathalie Baye. Quasiment le même âge. Mais elle, le grand amour, elle y croit encore… et elle le trouve. L’homme de sa vie dans le film, l’acteur George Aguilar, est aussi son mari dans la vie. Elle fait également jouer sa fille Marilou Berry,  et son ex beau-frère Richard Berry. Un film en famille…comme l’aime Josiane Balasko.


Charles BERLING - « Fin de partie » de Samuel Beckett, au Théâtre de l’Atelier (Paris) - Mise en scène et avec Charles Berling, Dominique Pinon et Dominique Marcas, Gilles Segal.

Pour Hamm aveugle, cloué dans son fauteuil à roulettes, il ne reste plus qu’à tyranniser Clov. Alors qu’au fond de cet intérieur vide, les parents de Hamm finissent leur vie dans des poubelles, les deux héros répètent devant nous une journée visiblement habituelle. Ils dévident et étirent ensemble le temps qui les conduit vers une fin qui n’en finit pas, mais avec jeu et répartie, comme le feraient deux partenaires d’une ultime partie d’échecs. Ainsi les mots triomphent, alors que les corps dévastés et vieillis, se perdent. Hamm et Clov usent du langage comme d’un somptueux divertissement, en des échanges exaspérés et tendres. Beckett a su avec jubilation écrire le langage de la fin, une langue au bord du silence, qui s’effiloche et halète, transparente et sereine, dernier refuge de l’imagination.

Charles Berling est un amoureux de Beckett (Prix Nobel de littérature en 1969). Il pense d’ailleurs mettre prochainement en scène la pièce qui l’a rendu célèbre et que nous avons tous étudiée « En attendant Godot ».

Pourquoi choisir « Fin de Partie » ? C’est à ses yeux, « le texte le plus abouti de l’auteur ». Un lieu clos, où croupissent quatre naufragés de la vie. Beckett qui vivait dans l’isolement et la discrétion savait retranscrire ces univers fermés et leurs intrigues…
C.Berling est Clov, le fils adoptif de Hamm qui le réduit à l’esclavage. Relations dominant – dominé, chères à Beckett. « Un redoutable jeu de sadomasochisme s’opère entre les deux hommes comme dans une partie d’échecs… ». La pièce associe une violence absolue, la tragédie humaine à la fantaisie, au loufoque… Et Charles Berling a réuni la distribution dont il avait rêvée : l’incroyable Dominique Pinon - qu’on retrouve dans moult films de Jean-Pierre Jeunet – et Dominique Marcas (88 ans !) et Gilles Segal pour interpréter les parents très âgés de Hamm, engoncés dans deux poubelles. Personne ne s’écoute vraiment, et tout le monde essaie de se justifier.
« Beckett, c’est l’explosion de tous les codes du théâtre, comme chez les clowns », nous dit le metteur en scène. Beckett est dans le langage du corps, le pantomime n’est pas loin…

Ses indications scéniques très précises, ses ‘didascalies’, laissent peu de liberté aux metteurs en scènes qui s’y collent. Berling y trouve son compte. Une écriture très moderne… Un décor froid, mortifère : gris, fait de bois et de fer. Une pièce de 1957 en un acte… Quasiment deux heures sans entracte. Exercice éprouvant pour les comédiens, mais exécuté avec brio… jusqu’à la fin de l’année à l’Atelier avant une tournée en régions.

 

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henri 07/10/2008 11:40

bonjour Audrey , bonjour Jean-François,
j'ai 68 ans et je regarde tous les jours votre emission que je trouve tres interessante .
je vous trouve tous les deux tres professionnels et mes compliments a Audrey pour sa tenue vestimentaire toujours tres elegante ainsi que pour sa simplicite et son tres joli timbre de voix qui passe tres bien a l ecran .
voila je voulais vous remercier tous les deux et vous souhaiter bonne chance pour la suite de la matinale

bisous a Audrey, solide poignèe de main a JF .

JF-Rabilloud 23/10/2008 16:01


Je vous remercie infiniment pour tant de compliments et pour votre bienveillance.
Bien à vous,
Audrey


SEDAT 05/10/2008 09:00

Bjr Audrey...!
L'Amour est aveugle,"il n'y a que maille qui maille" et comme le "mou" tardait à venir,je voulais simplement t'écrire que "seule la musique échappe aux dangers de l'analyse et donne l'illusion de l'absolu en exprimant des idées les plus vagues sous une forme mathématique"...! Elie Faure (Saint-Foy-la-Grande,1873-Paris,1937),historien et critique d'art aussi essayiste français,auteur d'une monumentale "Histoire de l'art" qui reste l'une des références dans cette discipline...!
La bise de la brise des océans...!
Reynaldo.

JF-Rabilloud 06/10/2008 10:27


Merci pour votre fidélité M.Reynaldo... et pour tous vos commentaires !