Pierre ARDITI, Anne ROUMANOFF, TITEUF et Benjamin MILLEPIED

Publié le par Audrey CRESPO-MARA

PIERRE ARDITI - « Faisons un rêve » de Sacha Guitry, avec Clotilde Courau et Martin Lamotte - Théâtre Edouard VII - Paris (jusqu’au 3 janvier)

 

C’est l’une des pièces les plus drôles de Guitry. Et Pierre Arditi est phénoménal.  « Cette pièce, c’est Guitry au sommet de son art » nous dit le comédien. « C’est insolent, parfois immoral, mais c’est absolument délicieux. On rêverait de vivre ça ». Comment séduire la femme d’un ami avec la complicité involontaire du mari ? Le triangle amoureux, habituel chez GUITRY, est en place : le mari, la femme, et l’amant. Arditi incarnant l’amant.

Ce texte écrit en 1916 n’a pas pris une ride. « Il y a une vélocité du miel », Arditi se délecte à parler de la pièce. A l’origine, Raimu jouait le rôle du mari, Guitry l’amant, et ses trois femmes se succèderont dans le rôle féminin.

« C’est très physique », reconnaît Pierre Arditi, sur scène pendant près de deux heures, avec un texte très dense. « C’est une physique de l’esprit… Son esprit va à la vitesse de la lumière. Alors si l’acteur n’a pas cette vitesse d’exécution, ça ne marche pas ».

Bernard MURAT est à la mise en scène dans son beau théâtre Edouard VII. Entre le comédien et son metteur en scène, c’est une longue histoire, « 45 ans de travail et d’amitié ».

Dans la pièce, on retrouve la grande considération de Guitry pour les femmes… Un aperçu : « Les femmes ne font que des bêtises quand elles réfléchissent ». « Etre marié… ça, ça doit être terrible ! Je me suis toujours demandé ce qu’on pouvait bien faire avec une femme en dehors de l’amour ». Pierre Arditi commente : « Guitry adorait les femmes et il les trouvait assommantes ». Mais Guitry pensait aussi qu’un amant exceptionnel ne peut faire qu’un mauvais mari. « Il y a des hommes qui sont faits pour être des amants. Et des maris qui sont faits pour être des maris, et par conséquent des cocus. Donc il vaut mieux être l’amant ! » conclura dans un sourire, Pierre Arditi.

Il fut un invité des plus charmants, heureux d’être avec nous. Lui qui nous regarde tous les matins…

 

 

Anne ROUMANOFF – « 20 ans et plus… » (jusqu’au 11 janvier)

Elle reprend aux Bouffes Parisiens son one-woman-show. Monté l’an dernier, « Anne a 20 ans » est enrichi de quelques sketches.

 

20 ans déjà… Il lui arrive « un truc auquel elle ne s’attendait pas », elle a 42 ans.

Et c’est parti pour une heure et demie d’un spectacle très vif, impertinent, et surtout incroyablement ‘actualisé’. Les infos qui ont fait les grands titres des journaux de la veille sont le soir dans le spectacle d’Anne Roumanoff. Elle écrit de nouveaux sketches quasiment tous les jours, et c’est un délice !

Il y a bien sûr la fameuse chronique décapante de la vie des grands de ce monde vue du comptoir d’une pocharde volubile. Radio Bistro coécrite avec Bernard Mabille pour le « Vivement dimanche » de Michel Drucker. Son écriture est très drôle et très efficace, redoutable quand il s’agit d’aborder les questions sociales et politiques, elle qui a fait Sciences Po avec Jean-François Copé et Laurence Parisot. « J’essaie de montrer comment les réformes peuvent avoir de l’impact sur la vie des gens. C’est un peu l’actualité vue par le p’tit bout de la lorgnette ». Elle fait un buzz sur internet avec sa Radio Bistro.

Et puis il y a moult  personnages : une ouvrière d’usine qui se plaint de l’Anpe et des délocalisations, une caissière de supermarché, et les autres… Anne Roumanoff aime être proche des gens ‘ordinaires’. « Je n’aime pas le cynisme ».

20 ans de carrière, exclusivement dans le one-woman-show… La manière de faire de l’humour a-t-elle changé en 20 ans ? « Enormément parce que je pense que l’humour est un reflet de la société. Il y a beaucoup plus d’humoristes qu’il y a 20 ans. Les gens veulent des choses beaucoup plus rapides, rythmées » nous dit-elle.

S’il y a bien une chose en revanche qui ne varie pas depuis 20ans et qui la caractérise, c’est son regard, toujours souriant, vif, espiègle… Anne Roumanoff a toujours l’air d’une gamine, à 42 ans.


TITEUF « Le Sens de la vie » - 12ème album signé ZEP

 

Titeuf voit arriver avec effroi l’adolescence… Inquiet à l’idée de devenir comme son cousin de deux ans son aîné. Celui qui lui avait appris à faire exploser les bouses de vaches avec des pétards, est devenu une grande chose dégingandée… L’adolescence pointe son nez et Titeuf, toujours incapable d’avouer son amour à Nadia, appréhende le moment où il va falloir passer aux baisers où les langues et les salives se mélangent. C’est la très drôle « Ecluse de l’amour ».

Pour être autant inspiré, ZEP fait « un travail régressif », nous dit-il. Il se souvient de son enfance, observe sans doute plus qu’il ne l’avoue ses trois progénitures, et se trouve in fine parfaitement en phase avec la génération des 8-12 ans.

Zep aborde dans cet album des thèmes plus graves. Le père de Titeuf est au chômage, après la délocalisation de son entreprise. « Papa  fait une dépression ». Et Titeuf entend son père dire une phrase terrible  « Ma vie n’a pas de sens ». Titeuf lui est confronté à l’échec scolaire, et à la compétition avec un petit surdoué très agaçant.

Après 15 ans de préadolescence, va-t-il franchir le cap, devenir un adolescent ? Non, son auteur trouve qu’il perdrait de l’intérêt en grandissant.

Titeuf, un phénoménal succès. Pas moins de 1,8 millions exemplaires mis en vente dès le premier jour. 16 millions d’albums vendus en 15 ans, traduits en 25 langues. Et Titeuf bientôt au cinéma… Zep a écrit une comédie originale. Cet automne, la réalisation débutera à Paris et le dessin animé sortira en 2010. 


Benjamin MILLEPIED, et le New York City Ballet


La prestigieuse compagnie américaine débarque à Paris. C’est un évènement : le NYCB n’avait pas été reçu à l’Opéra Garnier depuis 1965, et il est la première compagnie étrangère à danser à l’Opéra Bastille. A Garnier, les danseurs new-yorkais rendent un hommage au chorégraphe américain Jérôme Robbins. Au sein du NYCB, l’un de nos danseurs français : Benjamin Millepied. Il danse dans quatre programmes, et signe comme chorégraphe l’une des pièces « Triade » : un hommage à Robbins dix ans après sa mort. Il a été son élève, et Robbins lui a donné sa chance en lui confiant un premier rôle, le début de sa carrière américaine… Millepied n’a pas été formé à l’Opéra de Paris, mais au Conservatoire supérieur de danse de Lyon puis à l’école du NYCB. Il est « une étoile française à New York.

Après avoir vu l’une des soirées du NYCB, consacrée à Balanchine, j’en sors déçue. L’Opéra de Paris n’a rien à lui envier. Les danseurs new-yorkais présentent d’étonnantes faiblesses techniques : manque de précisions, pirouettes mal réceptionnées, etc…

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SEDAT 22/09/2008 07:07

Bjr Audrey...!
A propos des petits rats new-yorkais,c'est de la petite cuisine au beurre,"du beurre de cacahuète",avec "leurs pirouettes cacahouettes"...!
La cuisine française à la sauce de l'Opéra de Paris,c'est comme dans le film "Ratatouille",de l'art sain et pur,tout y est...!La bise...!
Reynaldo.