Quentin Mosimann, Eliette Abécassis et "Martyrs"

Publié le par Audrey CRESPO-MARA

Quentin MOSIMANN – double album « Duel »

Nous recevions ce matin le vainqueur de la dernière Star Académy. Agréable surprise que ce jeune artiste de 20 ans à l’énergie et au tempérament incroyables dès 8 heures du matin ! Quentin Mosimann nous présente son 1er album : 24 titres, 24 reprises de tubes des années 80 qui ont « bercé son adolescence ». La Star Académy, c’était il y a 6 mois seulement…6 mois est-ce suffisant pour réaliser un double album ? Il l’admet, il fallait faire vite après la Star Ac’, pour ne pas tomber aux oubliettes. Mais Quentin, qui tourne en tant que DJ depuis l’âge de 15 ans, s’était mis à ce premier opus bien avant l’aventure du château. L’originalité : un disque jazz et un disque électro. On le taxera sans doute d’opportunisme, lui reprochant de vouloir toucher tous les publics. Mais son album séduit, il fait une très belle entrée dans les ventes. Déjà disque d’or (75.000 albums vendus).Ca devenait rare ! Les derniers gagnants de la Star Ac’ avaient vite été oubliés. Quentin lui enregistre le meilleur démarrage de ventes depuis Grégory Lemarchal (2004). Et il pense déjà sortir un autre album électro pour les fêtes de fin d’année. Puis un album de chansons originales début 2009… Boulimique !

 

Eliette ABéCASSIS – livre « Mère et fille, un roman » chez Albin Michel

Pourquoi a-t-elle choisi de parler des relations mère/fille à travers Sonia et Nathalie Rykiel ? Parce qu’entre ces deux-là, il y a beaucoup d’amour, de passion, de possession, d’admiration. Les Rykiel lui ont donné leur accord ; Eliette Abécassis les a suivies pendant un an, pour un « roman », pas une biographie…

Sonia et Nathalie ne se sont jamais quittées. Sonia Rykiel « adore travailler avec sa fille. Elle aime son intelligence, sa justesse, son goût ». Nathalie a longtemps vécu dans l’ombre de sa mère. Elle s’est fait connaître tardivement du grand public… Il y a l’Empire que Sonia Rykiel a mis toute sa vie à bâtir, avec tout son talent, et il y a ce vent nouveau qu’apporte sa fille. La scène phare se déroule au mythique café Flore lorsque Nathalie persuade sa mère de lui confier la responsabilité de la maison Rykiel et donc le titre de Présidente. C’est une lutte poignante… Son émancipation, après des années d’effacement, est douloureuse… « La mère et la fille s’affrontent, s’aimant passionnément tout en se haïssant en cet instant ». Sonia « est fière de sa fille ; elle la craint, la jalouse et l’adore. Elle ne peut pas se passer d’elle ». Eliette Abécassis se mue alors en psychanalyste. Elle en est sûre : la fille veut sortir sa mère d’elle, elle veut l’expulser comme sa mère l’a expulsée à sa naissance. Moment fatal que cette naissance. Sonia Rykiel se rêvait mère de dix enfants. Mais après avoir accouché de Nathalie, elle ne pourra plus en avoir. Nathalie porte en elle une terrible culpabilité… « Elle se dit que c’est elle qui a détruit la vie de sa mère, il fallait bien qu’elle passe sa vie à la reconstruire, à réparer sa faute ». Et la place des hommes dans tout ça ! Ils ne jouent pas un grand rôle : le père, les maris dont elles divorcent, les inspirent (artistiquement parlant), mais ne font que passer …

Eliette Abécassis tire de cette relation mère/fille si singulière une histoire universelle. La transmission mère-fille est - à ses yeux - toujours conflictuelle. La mère, selon elle, dit toujours à sa fille : « Personne ne te rendra plus heureuse que moi, puisque c’est moi qui t’ai faite. Personne ne te comprend comme moi puisque tu viens de moi, puisque tu es moi ». Du coup, ajoute-t-elle : « Ce n’est pas leur père que les filles recherchent en l’homme qu’elles épousent, mais souvent leur mère et cela ne peut pas marcher ». De fil en aiguille, on en arrive à son histoire intime, la relation étouffante d’Eliette Abécassis avec sa propre mère. Elle a dû rompre avec elle, avant de décider de vivre dans le même immeuble qu’elle. « Cela prend beaucoup de temps de se séparer de sa mère : cela prend une vie ». Cela n’engage qu’elle…

 

« MARTYRS » - film de Pascal LAUGIER, avec Mylène JAMPANOï

Ce film d’horreur a nourri une polémique, puis la polémique a nourri le film.

Les premières images de ce long métrage. Une jeune fille tuméfiée, tondue, scarifiée, fuit une horreur sans nom… On la retrouve 15 ans plus tard, elle veut se venger. Persuadée d’avoir retrouvé ses bourreaux, elle les exécutera sommairement. Les critiques sont soit élogieuses soit assassines. « Entre boucherie méthodique et épouvante fantastique » écrit le critique de Libération qui a adoré. Le film est certes souvent insoutenable, à mon goût, mais il est incroyablement construit. Haletant du début à la fin.

 « C’est si facile de créer une victime » (…) « Le monde est ainsi fait qu’il n’y a plus que des victimes ? Les martyr sont très rares… ». L’intrigue est en place. Des jeunes filles sont enlevées, enfermées en sous-sol, pour endurer les pires souffrances. « Vous enfermez quelqu’un dans une pièce noire, il commence à souffrir, nourrissez cette souffrance de façon méthodique, systématique et froide et que cela dure… » La victime est torturée, jamais violée. « Cette petite fissure si facile à fabriquer lui fait voir des choses qui n’existent pas »… 

Le film revient de loin. Le 30 mai, la Commission de classification des films tranche à une voix près. Elle interdit le film aux moins de 18 ans, signant ainsi son arrêt de mort commerciale. Les grandes salles n’en voudront pas. Mais la ministre de la culture Christine Albanel demande un 2ème examen. « Martyrs » sera finalement interdit aux moins de 16 ans. Le film est sauvé. Il aurait pu ne pas sortir en France, alors qu’il était déjà vendu dans 35 pays… Mylène Jampanoï y est époustouflante. Sa partenaire, Morjana Alaoui, aussi bluffante.

Publié dans blogjfrabilloud

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Anne 10/09/2008 19:45

A ma grande surprise ce n'est pas le livre d'Eliette Abecassis qui a suscité ma curiosité lundi matin mais l'album du jeune Quentin Mosimann... Du jazz sur l'album d'un staracadémicien, je voulais écouter ça !
Après achat et écoute je dis bravo : il a su s'entourer et a le swing dans la voix c'est certain.
Je lui souhaite donc de se débarasser très vite d'une étiquette télé réalité qui risque de maintenir son travail et sa musique loin d'oreilles qui pourraient les apprécier mais auraient tendance à se laisser refroidir par l'étiquette en question.
Continuez à swingger Mr Mosimann !

SEDAT 08/09/2008 22:10

Bsr Audrey...!
A propos du roman mère/fille...!
C'est le complexe d'Electre qui est un concept théorique rattaché à la première topique de Freud,destiné à expliquer le développement psychique de la petite fille.Il fait "pendant" au concept d'Oedipe chez le jeune garçon.Carl Jung l'a nommé "Complexe d'Electre" en référence à l'héroïne grecque qui vengea son père Agamemnon en assassinant sa propre mère,Clytemnestre.Freud désignait ce complexe par "complexe d'Oedipe féminin" dans ses propres écrits...!
Bonne soirée et nuit,Reynaldo.