De Florent PAGNY à Clémentine CELARIE et Patrick BESSON

Publié le par Audrey Crespo-Mara

Nous avons reçu, la semaine dernière, trois fortes personnalités... certaines attachantes, toutes intrigantes...

Florent PAGNY - « Pagny chante Brel » à l'Olympia à partir du 14 juillet

Lui, l'exilé de Patagonie, se fait rare à la télé. Il nous a rendu visite lundi pour nous parler d'une série de concerts exceptionnels qu'il donnera à l'Olympia, là où Jacques Brel a fait ses adieux en 1966. Sur scène, il n'y aura que trois ou quatre musiciens et une voix, l'une des plus belles de la chanson française actuelle.
Son très bel album "Pagny chante Brel" est sorti il y a six mois, 400.000 exemplaires déjà vendus. Florent Pagny rend hommage à son idole disparue il y a trente ans en reprenant quelques titres du répertoire de cet immense artiste qui savait si bien "raconter les histoires", nous dit Pagny. Et l'homme Brel lui plaît aussi, un homme de convictions qui ne mâchait pas ses mots, un homme qui décide un jour de partir très loin...
La liste est longue de ceux qui ont tenté de reprendre Brel et s'y sont cassé les dents. Florent Pagny a aimé relever ce défi qui lui a demandé beaucoup de travail. "Cet album, confie-t-il, a été le plus difficile de tous, bien plus que l'album "Baryton". Il ne s'agissait pas de simples difficultés techniques, mais il était question d'interprétation". Pagny ne copie pas Brel, il ne fait pas non plus du "sous-Brel". Ceux que cet artiste hors pair n'avait pas encore séduits, se sont inclinés devant son interprétation de "Caruso" et son album "Baryton" (800.000 exemplaires). Avec Brel, il élargira sans doute encore son public.
Et Florent Pagny, vingt ans de carrière déjà, refusant sans cesse de se voir coller une étiquette sur le front, se lance un nouveau défi. Il réalise en ce moment un album latino dans lequel il n'y aura aucune reprise, que des titres originaux. Pour mener à bien ce projet, il s'est installé ces derniers mois à Miami en Floride avec sa femme et leurs deux enfants.
En attendant, rendez-vous à l'Olympia cet été...Y-a-t-il quelque chose de Brel chez Pagny ? A vos commentaires...


Patrick BESSON - livre « Le corps d'Agnès Le Roux » (Fayard)

Brillant comme toujours ! Patrick Besson ne cherche pas à faire avancer l'enquête, il nous livre un roman sur l'une des plus grandes énigmes judiciaires de la seconde moitié du 20ème siècle. Elle met en scène Agnès le Roux, l'héritière d'un des plus prestigieux casinos niçois, le Palais de la Méditerranée, elle a 29 ans quand son corps disparaît à l'automne 1977, la mère Renée le Roux, propriétaire du casino, accrochée à l'argent laissé par son défunt mari, et l'amant d'Agnès, Jean-Maurice Agnelet, intermédiaire entre la mère et Jean-Dominique Fratoni.
Le romancier étudie de très près les trois protagonistes. Agnès, une "fille de riches, rêveuse et révoltée (...) Ce qu'elle désire c'est son argent." La fille et la mère ne s'aiment pas. La mère "perd tout à cause de sa fille (...). Sa défaite est absolue son humiliation complète". L'autre relation clé lie Agnès le Roux à son amant J.M Agnelet. Ils se connaissent depuis le lycée. "Agnès a honte de son argent qu'elle n'arrive pas à toucher. Et Agnelet de la pauvreté dont il ne réussit pas à sortir (...) La honte rassemble Agnès et Agnelet". "Ils avaient promis de s'entraider : ne seraient-ils pas plutôt en train de s'entraîner l'un l'autre dans la chute ?". Patrick Besson dissèque la ville où se déroule cette affaire de famille, où va éclore ce fait divers. Nice dans les années 70, gouvernée par Jacques Médecin. Et "Monaco. La principauté est le dernier pays communiste : pauvreté interdite. Le rêve de Marx réalisé par Rainier III (...) Tout le monde loge à la même enseigne : Cartier".
Trente et un ans ont passé... La police n'a jamais su prouver le crime et la justice n'a toujours pas réussi à faire avouer J.M Agnelet, suspect numéro un. Condamné en 2006, il s'est pourvu en Cassation. La procédure est en cours. On n'a toujours pas retrouvé la trace d'Agnès Le Roux. Meurtre ou exil volontaire ? L'énigme reste entière.
Un roman plein de vivacité, piquant et décapant.


Clémentine CELARIE - « Prenez garde à l'amour » au Théâtre de l'Atelier à Paris

Si vous ne l'avez jamais vue sur scène, courez vite la découvrir... L'infatigable Clémentine Célarié a un don pour le théâtre, c'est indéniable. Une présence incroyable...
Ces jours-ci, seule avec son public, elle lit six contes de Guy de Maupassant, de la fin du XIXème siècle. Ce n'est pas à proprement parler une lecture, elle connaît les textes. "C'est Jean-Louis Trintignant qui m'a appris ça, il faut s'approprier les mots, les situations, et l'esprits des mots" nous raconte-t-elle. Les mots, elle en est amoureuse, elle les fait vivre, jusqu'à en pleurer. Jouer du Maupassant "c'était un rêve d'adolescente". Elle a seize ans quand elle découvre l'écrivain, au cours d'une lecture à laquelle elle assiste au théâtre... Une révélation ! Elle décide alors de devenir comédienne. Clémentine Célarié aime dire que "Maupassant peut nous sauver des pires états d'âme" ! ". "Ce sont des histoires d'amour que je raconte, tout simplement... Des histoires d'amours impossibles ou de sentiments pas dits, je m'amuse à incarner un homme puis une femme..." On connaissait la noirceur désabusée de l'écrivain, on connaît moins la drôlerie de ses contes choisis par la comédienne. Ce sont des textes incroyablement vivants et très mordants.
Clémentine Célarié ne s'arrête jamais. Ces six derniers mois, elle a joué dans trois pièces de théâtre : "La Tectonique des sentiments" d'Eric-Emmanuel Schmitt avec Tchéky Kario, puis des lectures de Jules Renard et Jean-Michel Ribes avec un grand Monsieur, Jean-Louis Trintignant. Ils rejoueront d'ailleurs ensemble à Ramatuelle le 9 août. "C'est une joie, parce que Jean-Louis Trintignant m'a beaucoup appris, et c'est un homme exceptionnel".
Retrouvez notre interview sur le site lci.fr dans la rubrique culture.


Publié dans blogjfrabilloud

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SEDAT 02/06/2008 10:07

Bjr Audrey...!
Un grand merçi à Florent Pagny(c'est un cas,en qui,il y a aussi du Francis,en lui,comme le Jacques),qui nous fait revivre les chansons de Brel,un monstre sacré,le meilleur,avez-vous remarqué les expressions de son visage qu'il déployait,inouïes,de sa voix,touchante et émouvante,j'en reste tout ouies,comme abasourdi par un tel génie,je le connais par coeur,lui qui disait souvent:"Il faut que je vous dise,qu'il n'est pas de guise,de gémir,aux îles des marquises" et "Tu leur diras...!
Je pense souvent à lui...!
Quand à Clémantine CELARIE,elle respire la joie et la vie,je l'aime...!
Reynaldo.