Rose Ségolène

Publié le par blog-jf-rabilloud

Je vous recommande le petit livre-bijou de Marc Lambron, "Mignonne, allons voir..." ( Grasset), consacré à Ségolène Royale. Romancier, mais aussi énarque, normalien, il connait par coeur la "technostructure" qu'il a fréquenté au Conseil d'Etat. Et sa fascination pour le personnage s'accompagne d'interrogations multiples et justifiées. D'où vient-elle ? Où va-t-elle ? A l'ENA, raconte-t-il, elle demandait sans cesse à ses camarades : "Quelle est ta stratégie ?". Comme Jean-Jacques Servan-Schreiber qui, lui, avait fait Polytechnique. Aura t-elle le mème destin ?

Publié dans blogjfrabilloud

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

François Delpla 21/12/2006 05:04

tiens mon texte a disparu !

François Delpla 20/12/2006 16:50

ça s'affiche quand ?

François Delpla 20/12/2006 14:48

Ségo encore trop à gauche ?
L’auteur se présente comme un romancier issu de la rue d’Ulm et de Sciences-Po, très vaguement de gauche et spectateur cynique de la comédie politique française. Devant l’ascension de Ségolène Royal, il a soudain l’impression de ne plus comprendre, et prend quelques semaines de vacances pour étudier le phénomène en toute subjectivité.
Ce qui le fascine, c’est la "tueuse d’éléphants". L’arme du crime serait la vérité, dont elle serait, depuis Rocard, la première personnalité socialiste à "sentir les avantages" (p. 29). Ségolène serait désinhibée, défierait tranquillement les vieux dirigeants socialistes en s’appuyant sur le "pays réel" et surferait, au sens à la fois nautique et internautique, sur sa propre ignorance, avec le seul appui de son sourire conforté au miroir des sondages. Elle conquerrait le parti socialiste par les marges, révélant sa fragilité d’édifice vermoulu.
C’est donc le refus prolongé de la vérité qui aurait causé la ruine de cette vieille maison. Ses deux patrons récents, Mitterrand et Jospin, auraient accumulé à plaisir les zones d’ombre, l’un sur son passé vichyste prolongé en dîners avec Bousquet et en promotion de quadras fils de collabos, l’antigaullisme cimentant le tout, l’autre sur son entrée "entriste" au PS, en service commandé du conspirateur trotskyste Pierre Boussel, dit Lambert. Point commun : le totalitarisme. L’usage, même frauduleux, des voix communistes pour conquérir ou garder le pouvoir et l’ascension, bienvenue à cet égard, du Front national, complètent le tableau : "l’oiseau social-démocrate volait avec des ailes totalitaires". (p. 72)
Mais à cette sauce, en France, on peut accommoder n’importe qui ! Quel gouvernement s’est assuré qu’il n’embarquait aucun suppôt de l’OAS, aucun enfant de massacreur colonial ? Et cette façon même de coller des étiquettes indélébiles et de dresser des camps, fussent-ils seulement classificatoires et dépourvus de barbelés, n’est-elle pas au principe même de la démarche totalitaire ?
Elle est, en tout cas, des plus antigaullistes, le Général ayant été, pour liquider la Seconde Guerre comme celle d’Algérie, l’adepte des procès exemplaires suivis d’amnisties rapides à quelques fusillés près. Il est vrai que de Gaulle ici n’est guère aimé. Son mérite unique est de n’avoir point été à Vichy mais pour le reste il fut lui-même, il faut oser l’écrire, un Conducator, en raison, tenez-vous bien, de son amour de la France : "(...) la France était dans le monde la seule démocratie populaire réussie : un Conducator à l’Elysée, des autoroutes et des sous-marins, la Régie Renault fonctionnant en cadences, du lait dans les écoles et la télévision aux ordres, la paix civile cogérée par Matignon et la CGT."
Point de Bush dans ce livre, à peine un peu de Blair (pour mettre en doute l’adhésion de l’héroïne à ses méthodes) et une petite allusion au 11 septembre. Des poncifs en revanche sur le référendum du 29 mai 2005, avec un gommage plus soigneux que jamais du fait que les électeurs étaient appelés à juger un texte, et libres de le trouver mauvais. On aura compris : c’est le plat de la France ringarde qui est ici servi sous le masque d’une prose plagiaire de Saint-Simon.
Dans le portrait manquent curieusement les deux hommes les plus proches : Hollande, et Mitterrand lui-même. Des sentiments du patriarche envers la jeune attachée de l’Elysée, il est dit expéditivement qu’il l’aimait bien, et rien du tout sur la captation qu’elle-même tente de l’héritage, en toute occasion. Mitterrand avait soin d’annexer Blum et Jaurès -sans doute parce qu’il n’était pas de la maison. Ségolène, Lambron le fait remarquer à juste titre, se tait sur les figures historiques du socialisme... mais non sur Mitterrand et cela, pour les besoins de sa démonstration, il l’omet. De même, "conquérir le parti par les marges", oui, sans doute, mais par le centre aussi ! Pour pouvoir prendre de haut les autres dirigeants, il n’était peut-être pas inutile d’avoir dans sa poche le premier d’entre eux.
La référence à Rocard, en revanche, est éclairante. Rocard qui n’est pas mort, n’a pas dit son dernier mot et s’affiche avec Bayrou. En fait de vérité et de modernité, c’est bien une nouvelle mouture de l’alliance socialo-centriste qui se dessine, celle que de Gaulle a pulvérisée en 1958 et que sa République n’a point encore connue malgré de chaudes alertes, Defferre en 65, Poher en 69, Rocard en 79, Mitterrand II en 88, Delors en 94. La disparition, en bonne voie à l’heure où j’écris (20 décembre 2006), de tout contrepoids à gauche ne peut que précipiter le phénomène. Sans parler d’une présence possible de Le Pen au second tour, contre la gauche cette fois. Mais Lambron n’en dit rien.
Au total, il préférerait Sarkozy. On le sent inquiet de tout ce qu’il repère de souple et d’indéterminé dans la personne de Ségolène, et surtout, peut-être, dans la situation créée par sa brusque ascension. Avec Nicolas on saurait à quoi s’en tenir et Max Gallo, l’ancien porte-parole du gouvernement Mauroy, est admiré d’avoir franchi le pas (p. 42). Ce qui pourrait perdre le maire de Neuilly, c’est son "mauvais genre". Racaille et kärcher ? vous n’y êtes pas : Balkany. Les arrivistes-affairistes des Hauts-de-Seine, qui entretiennent autour de lui une atmosphère digne de Borsalino.
L’ouvrage s’achève sur l’espérance que Ségolène n’ait été qu’un "moment"... et qu’un vampire : "la ruse que l’air du temps aurait choisie pour vider les cadres du Parti de leur vieux sang socialiste". L’auteur retourne à ses romans en rangeant ses "polaroids" sur lesquels "on voyait courir les porcinets et les bourriquets, les petits gourous et les tigres fous."
Heureusement, le réel est bien plus surprenant que les imagiers d’un politologue approximatif.

Eric Gillot 28/11/2006 13:46

Ma Chère Mopsus,     Nous ne sommes certainement pas si différents sur le fond, mais je suis un manuel et cela fait toute la différence.     Ainsi pour moi, Marc Lambron a le charisme d'une moissoneuse-batteuse, Koushner la  suffisance pro-bushiste et Julliard la pompeuse assurance de ceux qui n'ont jamais affronté le monde réel du factuel.     Par contre Védrine à la résèrve qui sied à un homme d'état, vous n'auriez quand-même pas voulu qu'un ex-ministre des affaires étrangères nous dise:   "OUI Mitterand était pour le génocides des Tutsis et la France a activement participé au massacre" ?     Il faut un tantinet raison garder, mon petit and never forget that "reality always fucks theory".     Je suis désolé de n'être qu'un vulgum pecus, et d'avoir répondu à des jugements de valeur par des jugements de valeur:  CE QUI N'A AUCUNE VALEUR !
Mr Rabilloud,     Comme le disait Einstein:    "Quand on ne sait pas faire, on enseigne" !  Lambron n'a pas su quoi faire de ses études "qui n'ont d'autre utilité que de servir d'outil de discrimination" comme le disait Henry Laborit.     Alors petit bijou pour les amateurs de jugements de valeurs gratuits et non vérifiable, certainement.
Ayant pu vérifier toute ma vie à quel point toute attitude différente de la norme choque les imbéciles, j'aurais plutôt tendance à défendre le cas particuler contre les manigances de l'establishment Bullocratique.       Je vous concède  bien volontier qu'il y a aussi du bon dans Lambron.

Mopsus 25/11/2006 16:24

Lêve-tard ,j'avoue tomber le plus souvent sur le temps à Cibourre(...), et accorder plus d'attention au Ferry/Julliard ,qui reste pour moi la meilleure emission de commentaires de tout le PAF.Je l'enregistre chaque semaine. A propos peut-on trouver le site du comité(?°) de reflexion animé actuellement par le philosophe. Et si vous pouviez lui transmettre une question, concernant le génocide Rwandais,je vous en serais reconnaissant:je crois l'avoir entendu louer l'action du Ministre des Affaires Etrangères de l'époque...j'ai relu les auditions et conclusions de la Mission d'information Parlementaire de 1998, et celles de commissions non gouvernentales (peut-on parler de "jury populaire"...).La cohabitation a accouché là du pire : entre un Mitterrand qui apparait indifférent à ce qui se passait,obnubilé par un reflexe néocolonial ( refus de laisser le rwanda tomber sous influence Anglo-saxonne),déléguant à sa celllule africaine peu réactive(...);et un Ministère des AE qui aurait persisté à recevoir les responsables du massacre alors qu'il se déroulait, il n'y a pas de quoi être fier .Même si la trop tardive opération Turquoise du Gouvernement a permis de sauver quelques vies.J'aimerais avoir l'avis des deux (F.and J.). Recemment, j'ai écouté Hubert Védrine commenter la position de l'Elysée : j'avoue avoir eu envie de vomir tant le propos suffisant et déculpabilisé tranchait avec la simple vision d'un B. Kouchner qui est allé sur place , ou celle de Roméo Dallaire....Je sais que Juppé ou Bruckner diraient: autoflagellation ...Must give us pause(cela demande reflexion )dit Hamlet..Il ne s'agit pas de décerner des médailles ou des blâmes à tel ou untel,mais de se demander si , douze ans après , mles mêmes dysfonctionnements(euphémisme) dans la politique africaine sont reproductibles ?Les conclusions et recommandations de la MIP me paraissent bien en-deça de la gravité de la question car elles se gardent bien de suggérer toute réforme de nos Institutions dans ce "domaine reservé " .